Réactions
Le CDJ, Comité de Défense des Juifs
Partisans
Les 'Justes parmi les Nations'
Réactions
La population juive disparaît massivement de la circulation. Les étoiles de David sont ôtées des vêtements, les fausses cartes d’identité circulent,... L’insoumission se développe au sein de cette population fragilisée.

L’Ami du Peuple, organe de Rex, encourage les “bons Belges”
à faire leur devoir:
dénoncer les Juifs.
La traque débute déjà au cours du mois de septembre 1942. L'effectif des convois est de plus en plus difficile à rassembler. En 21 mois, les S.S. n’arrivent plus à arrêter et déporter que 8.284 Juifs. Les Juifs internés à Malines y demeurent désormais plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Les S.S. de la solution finale en Belgique recourent à la délation sous toutes ses formes.
Nombre de partisans de l’antisémitisme dénonceront des Juifs, et ce, sans qu’aucune autre récompense ne leur soit promise que de débarrasser le pays de cette présence. Les mouvements belges d’extrême droite s’avèrent des auxiliaires précieux dans cette tâche.

Lettre de dénonciation, septembre 1942.
Malgré ces appels à la délation et la chasse à l’homme dont ils font l’objet, les Juifs peuvent compter sur une aide relativement importante de la population non-juive. Les sauveurs sont tant des particuliers isolés, prenant seuls l’initiative de venir en aide aux Juifs, que des patriotes ou des résistants. Certaines institutions travaillent en liaison avec des réseaux de résistance, tels que le C.D.J.
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Le CDJ, Comité de Défense des Juifs
Le Comité de Défense des Juifs, formé par Gert et Yvonne Jospa en septembre 1942, compte une trentaine de membres rien que dans sa “Section-Enfance”. Ces membres forment un véritable Comité et viennent de tous les horizons politiques et confessionnels. Dépassant leurs divergences de vue, les Jospa ont réussi à les unir dans un unique but : sauver les enfants juifs. On estime le nombre d’enfants cachés, tant via un réseau qu’individuellement, à +/-5.000. Parmi ceux-ci, près de 3.500 sont soustraits à la déportation grâce à l’action du C.D.J.

Hertz Jospa, fondateur du C.D.J. et son épouse,
Yvonne, initiatrice de la “Section Enfance”.
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Partisans
La résistance armée, à laquelle participent de nombreux juifs, joue également un rôle important. Les partisans éliminent des allemands, attaquent des bureaux de poste et des administrations communales ou font sauter des lignes de chemins de fer.
C’est ainsi que le 25 juillet 1942 le fichier dont l’AJB faisait usage pour la soi-disant “mobilisation pour le travail” est incendié. Malheureusement, une copie échappa à cette destruction. Le 29 août 1942, des partisans juifs liquident le juif qui, au sein de l’AJB, est responsable de cette “mobilisation pour le travail”.
L’attaque du XXème convoi constitue un fait unique dans les annales de la déportation en Europe. Le 19 avril 1943, pour la vingtième fois, un train quitte la caserne Dossin avec une “destination inconnue”. A son bord, 1.631 déportés, surveillés par une quarantaine d’hommes de la “Schutzpolizei”. Vers 23 heures, le train aborde à allure réduite une courbe près de Boortmeerbeek. C’est là que trois jeunes gens, Youra Livschitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau, le contraignent à s’arrêter au moyen d’une lampe tempête entourée de papier rouge posée sur la voie. Malgré la fusillade, ils parviennent à ouvrir un wagon et à libérer dix-sept personnes avant que le train ne se remette en marche. Au cours de cette nuit, d’autres déportés parviennent encore à s’échapper du train qui circule lentement. En fin de compte, 236 juifs parviennent à s’échapper du vingtième convoi. Mais 23 cadavres de déportés, abattus ou ayant succombé à des blessures encourues au cours de leur fuite, retrouvés le lendemain le long de la voie, prouvèrent que cette évasion n’était pas dénuée de risques.



Youra Livschitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau
(© MJB-JMB et JMDR)
Le 19 mai 1943 se produisit une autre prouesse héroïque. Ce jour-là, des partisans dirigés par Paul Halter sauvent quinze fillettes juives. Leur refuge dans le couvent “Le Très Saint Sauveur” à Anderlecht avait été découvert par “le gros Jacques”. Ce traître juif était rétribué par la gestapo pour leur livrer d’autres juifs. La Résistance se mit en branle et parvint, d’une manière spectaculaire, à évacuer les fillettes vers des abris plus sûrs.
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Les Justes parmi les Nations
La tradition talmudique considère que “celui qui sauve ne fût-ce qu’une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.” Après la guerre, les hommes et les femmes qui, au péril de leur propre vie, avaient sauvé des juifs, reçurent le titre honorifique de “Justes parmi les Nations”. Malgré tout, grâce à eux, nous ne désespérons pas de l’humanité.
Citons en quelques uns : Mme. Yvonne Nèvejean, directrice de l’Oeuvre Nationale de l’Enfance, Mme. Andrée Geulen, Mme. Madeleine Sorel, l’abbé André, Dom Bruno, les sœurs du couvent “Le Très Saint Sauveur, Mr. Henri Ovart, directeur du pensionnat Gatti de Gamond, et maints autres…..
Ce titre échut également à Sa Majesté la Reine Elisabeth. Grâce à ses interventions auprès de l’autorité militaire allemande, elle sauva des centaines de juifs, dont de nombreux enfants et vieillards.

L'arbre du Père Joseph André le long
de l'Avenue des Justes à Jérusalem.
(© MJDR)
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