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l'homme et déportation
Ouverture de la Caserne Dossin
Arbeitseinsatzbefehl: le temps des convocations
Le temps des rafles
Ouverture de la Caserne Dossin
Le 27 juillet 1942, l'ancienne Caserne Dossin de Saint-Georges ouvre ses portes. Le bâtiment a été réquisitionné par l'occupant nazi et transformé en SS-Sammellager für Juden, un camp de rassemblement pour Juifs en Belgique. L'ancien arsenal de l’armée belge devient ainsi l'"antichambre de la mort" pour les internés. L’endroit n’a pas été choisi au hasard. La caserne est située à mi-chemin entre Bruxelles et Anvers, les deux villes qui se partagent l’immense majorité de la population juive du pays. Elle se trouve en outre à proximité immédiate d’une voie de chemin de fer.

La façade de la Caserne Dossin, le long
des rails de chemin de fer. Photo d’après-guerre. (© MJDR)
De Malines, ils voyagent jusqu'à Auschwitz, un des six centres de mise à mort immédiate.
De Dossin Kazerne constitue un simple camp de transit. La durée de l’enfermement à Malines couvre l'intervalle entre deux départs de convois.
De l’ouverture du camp jusqu’au mois d’octobre 1942, ce caractère était très marqué. Les Juifs entrés à Malines pendant cette période ne séjournaient dans le camp que pendant quelques jours, voire quelques heures. En 1942, les convois se suivent en effet à une cadence effrénée. 17 transports se succèdent en 3 mois, déportant 16.622 Juifs sur un total de 24.906.
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Arbeitseinsatzbefehl: le temps des convocations
Devant leur souci de ne pas créer de mouvements de panique ou de rébellion au sein de la population, tant belge que juive, l’occupant procède par convocation. Sous couvert d’une fallacieuse mise au travail dans les frontières du Reich, 12.000 Juifs, sauf exception âgés de 15 à 50 ans, reçoivent un “Arbeitseinsatzbefehl” qui leur impose de venir se présenter à Malines.

18 août 1942. L’ordre de prestation de travail n° 5687,
somme Léa WARTH de se présenter à la Caserne Dossin.
Ces ordres de prestation de travail sont établis par la Sipo-SD, mais à Bruxelles et Anvers, ils sont distribués en mains propres par l’A.J.B. à leurs destinataires. A partir du 1er août, ils seront même accompagnés d’un appel à l’obéissance signé par les dirigeants juifs de l’A.J.B.
La S.S. a planifié la déportation des Juifs de Belgique. 10.000 personnes doivent être déportées dans un première phase d’évacuation vers l’Est. L’occupant avait prévu que 300 Juifs convoqués se présentent quotidiennement à Malines. Mais dès l’ouverture du camp de rassemblement, les convoqués se présentent en trop petit nombre. La population juive se montre méfiante et réfractaire.
Sur les 12.000 convocations distribuées entre le 25 juillet et le 3 septembre 1942 (dernier jour où ces documents sont distribués), seuls 3.956 inscrits sur les listes de transports se présentent effectivement à la Caserne Dossin munis de leur Arbeitseinsatzbefehl.
Devant cet échec, la S.S. décide d’abandonner le système et prépare des opérations de grande envergure.

L’arrivée des raflés dans la cour de la Caserne Dossin, en 1942.
Cette photo, document exceptionnel, montre comment arrivent à la caserne Dossin la plupart des 25.000 personnes qui en seront déportées. La photo date selon toute vraisemblance de la fin de l’été 1942, du temps des rafles et des arrestations massives. Ce sont, en effet, deux camions qui viennent de pénétrer dans la cour de la Caserne Dossin. Les nouveaux arrivants, descendus des camions, se rangent et déposent leurs bagages. Ils les laissent sur place quand on les conduit au bureau d’accueil; la "Aufnahme" pour leur inscription sur la liste du prochain convoi. Seul reste alors dans la cour le personnel juif interné préposé aux bagages.
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Le temps des rafles
Les grandes rafles de l’été 1942 vont être organisées à 4 reprises. Anvers en sera victime à 3 reprises, le 15 août, le 28 août et dans la nuit du 11 au 12 septembre . Bruxelles ne sera ciblée qu’une seule fois, le 3 septembre.
Ces opérations policières sont de véritables razzias sur les quartiers à forte population juive. Des forces de police (S.S. allemands et flamands, policiers anversois, Feldgendarmen, auxiliaires d’extrême-droite) les bouclent et, maison après maison, arrêtent les Juifs à leur domicile.
Date |
Lieu |
Nombre de déportés |
Convois |
15-16/08/1942 |
Antwerpen |
1067 |
IV-V |
28/08/1942 |
Antwerpen |
1105 |
VII-VIII |
03/09/1942 |
Brussel |
718 |
VIII-IX |
11-12/09/1942 |
Antwerpen |
1422 |
IX-X |
|
|
4312 |
|
En une nuit, l’effectif d’un convoi est réuni, voire plus. L’action se déroule d’une manière relativement violente. Toute personne susceptible d’être juive est arrêtée, sans égards pour son âge, son état de santé ou sa nationalité. Ainsi des femmes enceintes, des jeunes enfants, des personnes âgées ou des malades sont amenés à Malines.

Carte postale écrite par Boris AVERBUCH,
lors de son arrestation dans la rafle du 29 août.
La méthode est efficace mais ne peut se pratiquer longtemps. Les Juifs rescapés des rafles comprennent le danger. En demeurant à leur domicile légal, ils risquent l’arrestation. Ils se doutent que le pire est à craindre. Peu à peu, ils entrent massivement dans la clandestinité, tentent d'organiser leur survie, de se cacher, de passer au-travers du piège qui leur a été tendu.
Jusqu’à ce qu’ils l’aient compris, la police SS peut néanmoins, du 15 août au 11 septembre, lancer quatre razzias pour former ou compléter cinq à six convois.
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