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histoire > 1940-1942: Exclusion des Juifs
Les ordonnances
A partir d’octobre 1940, l’administration militaire allemande met en place le piège de la Solution finale. Il lui faut éviter de susciter des réactions anti-allemandes, tant de la part des autorités belges (la Reine Elisabeth, le Cardinal Van Roey) que de la part de la population belge. C’est d’une manière tout à fait pragmatique et mesurée que l’occupant va consacrer près de 2 ans à élaborer le statut des Juifs. Il édicte 17 ordonnances qui vont peu à peu limiter les libertés de la population juive de Belgique.
Ces mesures sont totalement contraires à la Constitution et les lois belges fondées sur la liberté et l’égalité.
Ces ordonnances peuvent être scindées en 3 groupes :
1°) recensement et identification administratifs
- La notion de “Juif” est définie par la première ordonnance anti-juive le 28 octobre 1940. Toute personne de “race” juive est tenue d’aller se signaler à l’administration communale et de requérir son inscription au “Registre des Juifs”. Ces inscription sont effectuées par des fonctionnaires communaux belges.
- Cette mesure est complétée, dès l’été 1941, par l’application d’une circulaire du secrétaire général à l’Intérieur, Gérard Romsée, imposant aux Juifs de se représenter aux administrations communales afin d’y faire estampiller leurs cartes d’identité. Un cachet “Juif-Jood” à l’encre rouge marquera dès lors ces documents.
- 47.000 Juifs sur 70.000 seront ainsi fichés, identifiés, recensés, localisés.

Fiche du Registre des Juifs de la commune d’Anvers
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2°) le désenjuivement de l’économie
- Une affichette “Jüdisches Unternehmen” doit être placée sur les vitrines des cafés, hôtels, … juifs.
- Les Juifs sont de plus en plus restreints dans l’exercice de leurs activités professionnelles : ils doivent déclarer les entreprises et leurs immeubles, ils se voient interdits d’exercer certaines professions, les indépendants, entrepreneurs ou patrons juifs sont contraints de liquider leur affaire, les biens des Juifs originaires du Reich sont saisis.
- Les Juifs sont mis au travail et connaissent des conditions d’emplois tout à fait particulières.

Le marquage des entreprises juives
avant leur liquidation obligatoire, dès le printemps 1942
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3°) l’isolation sociale
- Le 25 novembre 1941, l’occupant crée l’A.J.B., Association des Juifs EN Belgique, organe composé de notables juifs qui seront contraints de travailler pour l’occupant. L’A.J.B aura sous sa responsabilité les secteurs sociaux, scolaires et caritatifs. L’A.J.B. constitue une sorte de ‘gouvernement’ interne à la population juive. Tous les Juifs devront être membres de l’AJB, c’est ainsi qu’on assiste à la mise sur pied d’un ghetto moral et non géographique, comme ce fut le cas aux Pays-Bas ou à l’Est. Ce Judenrat s’avèrera un redoutable outil juif entre les mains de l’occupant, principalement dans les premiers mois qui ont suivi sa création.
- Les enfants juifs se voient interdire la fréquentation des écoles publiques. Les malades juifs n’ont bientôt plus le droit d’aller se faire soigner dans des hôpitaux publics, les vieillards et les orphelins juifs sont exclus des institutions publiques.
- Le dernier pas de l’exclusion des Juifs est franchi au mois de juin 1942. Tous les Juifs âgés de plus de 6 ans sont obligés de porter l’étoile de David. Les Juifs, y compris des enfants, sont désormais rendus visibles, stigmatisés par l’étoile de David.

L’ordonnance du 27 mai concernant le signe distinctif des Juifs,
publiée le 1er juin ‘42, oblige les Juifs dès
l’âge de 6 ans à porter l’étoile de David. (© MJDR)
Les Allemands escomptent déclencher un mouvement de rejet des Juifs au sein de la population belge. Or, hormis à Anvers, c’est l’inverse qui se produit : un “élan de sympathie” et un “respect pour les persécutés”se développent. L’occupant déplore dès lors le manque de compréhension des citoyens belges pour la question juive.
L’ordonnance de l’étoile finalise le statut des Juifs. Le piège nazi est prêt à se refermer sur les Juifs de Belgique.
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Pogrom à Anvers
Le 14 avril 1941, environ 150 sympathisants de la “Ligue Anti-Juive”, recrutés parmi les SS flamands et d’autres mouvements ultranationalistes, passent à l’action. Dans le but d’ entraîner la population belge dans un vaste mouvement anti-juif, ils organisent des désordres dont ils espèrent qu’ils déboucheront sur une imitation de la Kristallnacht allemande. Après une projection du film de propagande andisémite “Le Juif Eternel”, ils détruisent deux cents étalages de magasins appartenant à des juifs et incendient deux synagogues. La population reste de marbre et les autorités allemandes ne se laissent pas entraîner par les provocations de ces trublions d’extrême-droite.
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La foule se presse près du viaduc de la Van den Nestlei pour bien voir l’incendie.
(© MJDR)
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Un pompier, la tranquillité revenue, parvient enfin à entamer sa besogne d’extinction.
(© Gazet van Antwerpen) |
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